lundi 25 mars 2002

25 mars 2002

Quel choc !
Bangkok : 40°C environ, à peine moins la nuit.
Paris : 2°C selon la radio ou 3°C selon le commandant de bord du Boeing de Thai Airways.
Suis en T-shirt, tant pis si je chope la crève. That which does not kill me makes me stronger.

Prendre l'avion à minuit, mais arriver six heures plus tard après douze heures de vol, ça fatigue quand même un peu... L'avion s'est posé en douceur à Roissy Charles de Gaulle, il n'en a pas été de même pour mon nuage rose : boum badaboum.

Ne. Pas. Craquer.

Les parisiens braillent, font la gueule, se bousculent, gesticulent. Je suis à 10.000 km du Thaï Way Of Life, des gens souriants et détendus, des minuscules restos sur les trottoirs, et de la douce moiteur des nuits de Bangkok.

Hmmm...

dimanche 24 mars 2002

24 mars 2002

Raaaa pas moyen de se connecter depuis avant-hier !

Avant hier, c'était shopping dans un immensissime centre commercial, la Fortune Tower. Plein de restos à l'occidentale. Nous nous sommes délectés d'une énorme glace à la banane, arrosée d'un grand verre de coca. Je garderai un souvenir impérissable de cette glace !) Banane, coulis de fraise, glace à la vanille... Je n'ai jamais rien mangé d'aussi délicieux. Je me souviendrai longtemps aussi de la vendeuse, qui en faisait des tonnes. M'enfin vaut mieux être trop poli que pas assez !


Le centre commercial est très connu pour ses boutiques de DVD, VCD et logiciels piratés... Impressionnant. Monster Inc. en DVD, alors qu'il n'est pas sorti au cinéma en France... Et tant d'autres films encore ! Des boutiques avec des CDs gravés en vitrine, en toute impunité. Pour à peine plus de vingt francs, il est possible d'acquérir les logiciels les plus chers, ou l'intégrale d'AC/DC en mp3 sur un seul CD... Un monsieur prend les commandes et vous revenez dix minutes plus tard pour prendre votre paquet. En face de ces boutiques, un magasin de logiciels originaux, qui prennent la poussière sur des étagères. Une pyramide de Office97. Toute la collection Adobe... Et pas un seul client à l'intérieur !


Hier, la journée était placée sous le signe du coinçage de bulle. Petit tour au Carrefour du coin car M avait besoin de ventilateurs pour son appart. C'est tout bizarre de constater que le rayon correspondant en France à la "cuisine exotique" prend la quasi-totalité du magasin, et que nos pommes et patates sont des produits de luxe... Une vraie caverne d'Ali Baba, cependant. Les odeurs et les couleurs du rayon frais me tournent la tête. J'aurais envie de goûter à tout ! Enfin, peut-êre pas à ces étranges poissons séchés nauséabonds. Mais la cuisine asiatique est si bonne... Retour à la maison en tùk-tùk, ces espèces de scooters carrossés. Assez tape-cul, bruyant, puant, et vaux mieux se cramponner si on ne veut pas être éjecté dans les virages. Ce qui me posera quelques difficultés à déguster la glace que j'ai achetée à l'hypermarché !

Agréable petit tour à la piscine de l'immeuble pour se rafraîchir les idées. Mmmhh... Il ne reste plus que J et moi dans l'appart, les autres étant partis à Phuket pour larver sur des plages paradisiaques. Sniff, si seulement mon avion ne décollait pas ce soir, à minuit... (grrr plus que 11 heures)
Ah, rectification, il y a quelqu'un dans le lit derrière moi. La copine thaï de M, sans doute :)

Heure locale, 13h20
Dernière transmission avant le retour à la dure réalité du monde occidental, de ses chauffards speedés, ses tronches de cake, et tout ce qu'il a d'artificiel et de superficiel.

vendredi 22 mars 2002

22 mars 2002


Bon, pas trop pu me connecter, hier, puisqu'un simple mail de 2 Ko mettait un quart d'heure à s'afficher.
Hier, Another Day in Paradise, pendant mes dix jours de Holidays in Eden (comprenne qui pourra).
Visite de Chinatown, avec un chauffeur de taxi qui ne parlait pas un traitre mot d'anglais. Il nous a laissés un peu n'importe où, au bord d'un rond point orné d'une porte typiquement chinoise. En fait, pas grand chose à voir à Chinatown, à part quelques rues où abondent les boutiques de petits métiers traditionnels (raaaahh cette herboristerie aux mille parfums...). Le long d'une grande artère sale et polluée par les gaz d'échappement de dizaines de bus vétustes, nous cherchons la Poste. Traverser la rue est une véritable aventure. Ah, voilà enfin la Poste... Bâtiment climatisé mais un peu désordonné. Contrairement aux employés français, les employés thaïs étaient fort aimables . Hop, achat de timbres et expéditions des quelques cartes que j'avais déjà écrites.


Ballade ensuite vers le Marché des Voleurs, où traditionnellement étaient revendues les marchandises volées ici et là dans la ville. On y trouve quantité d'appareils photos d'occasion, de consoles de jeux, de jeux vidéos originaux ou warez, de boutiques pour otakus avec toutes les dernières figurines manga à la mode, de boutiques consacrées exclusivement à la vente de pièces détachées pour modèles réduits, de boutiques de VCD piratés et de CDs vierges (hey ! j'ai des CDs de 90 minutes ! 99 minutes ça existe aussi ) et de minuscules échoppes où le discman mp3 est roi...


Des ruelles très serrées, allées couvertes, propres et colorées mais assez nauséabondes car directement construites sur pilotis sur les miasmes d'un canal. Et en plus, c'est climatisé. Eclairages au néon, couleurs agressives, musiques de jeux vidéos. Une jeune Thaï dévore J du regard avant de me gratifier du plus beau des sourires, et de partir, toute rouge et intimidée, dans une arrière boutique...


Puis embouteillages en taxi pour rejoindre la "rue des backpackers", paradis des routards, où on peut se faire piercer, tatouer, faire des dreadlocks, pour quelques Bahts à peine. C'est surtout pour moi le paradis des fringues à 20 francs =) J voudrait un pantalon bien large, en coton, mais ne sait pas trop comment négocier le prix, j'en négocie donc un pour chacun. Un peu plus loin, je vais marchander un T-shirt, et là aussi nous finirons par nous acheter les mêmes fringues. Hum  Chargés comme des mulets. Nous pensons avoir trouvé des cadeaux qui plairont à Amorgen et Lulu, aussi  (Hey Amorgen, je t'aurais bien ramené un T-shirt "McShit" avec le logo McDonalds, mais ce sont des T-shirts de fille  ).


J'aime vraiment cette rue... Les boutiques sont étroites et sombres, serrées entre deux cafés à l'occidentale, et sur les trottoirs se tiennent des vendeurs dont les étals chargés me font penser aux Sénégalais de nos marchés. Remplacez les masques africains par des bouddhas, changez la couleur du vendeur, et vous aurez une idée très précise de ce dont je parle. Nous nous faufilons entre les autres touristes, sur le trottoir, achetant presque un T-shirt à chaque boutique. Des ruelles perpendiculaires, plus étroites encore, cachent des trésors de contrefaçon... Mais je n'en ramènerai qu'un petit bracelet en cuir que je ne prendrai même pas la peine de machander. La vendeuse avait vraiment une bonne tête, contrairement à un gars qui me demandait un prix peu raisonnable pour un T-shirt contrefait, hmmm... Il fait nuit, il fait faim. Retour en taxi, Bangkok by night est superbe...


Raaahh des journées comme celle-là, j'en redemande. Nous avons passé la soirée à regarder le DVD de ZE superproduction cinématographique Thaï en VOST, mais j'avais bcp de mal à déchiffrer les sous-titres. Honte à moi, j'ai oublié le titre du film... Dommage, je n'avais rien vu de si long et grandiose depuis le Cléopâtre de 1963 avec Liz Taylor...

mercredi 20 mars 2002

20 mars 2002

Oh, je regrette d'être partie de la plage si tôt, sans avoir pu me baigner dans la mer (plutôt chaude) infestée de méduses (arg) pour vérifier si oui ou non je savais nager (ben oui, je doute encore). Sans avoir pu passer un peu plus de temps dans le glacial cybercafé de la ville. Tout comme je regrette qu'il y ait eu des cafards dans notre chambre d'hôtel, haha... Heureusement ils ont été promptement assassinés (et les fourmis viennent ensuite se repaître du cadavre, woaw !).

Cette journée de retour a en fait été assez désagréable... Partie trop tôt, dans un bus bringueballant, dont les cliquetis couvraient le bruit de mon éventail, qui commence sérieusement à grincer. (113 Baht, prix du trajet). Trois heures de bus sans clim. Grrh. Essayé de dormir. Pas moyen. J'étais pourtant bien installée =)

Puis plus d'une heure dans un taxi "officieux" avant de retrouver le vaste appartement où nous sommes logés. Un sale vieux taxi, sans clim non plus (ni ceintures de sécurité, d'ailleurs), aux sièges de skaï brûlants, poussif. Cinq passagers... (300 Baht)...

Malgré mes courbatures dues à mes efforts aquatiques de la veille, un bon petit plongeon dans la piscine m'aura vite remise sur pieds.

Heure locale : 21:50
Je vais essayer de transférer quelques photos numériques.

lundi 18 mars 2002

18 mars 2002

Bon, beh la plage, c'était bien sympa. Deux heures et demie de taxi, à fond la caisse, en direction de Cha-am. Rien de formidable en route ; paysages ordinaires, circulation dense.

Arrivée sur place à la tombée de la nuit. Des dizaines de gens pratiquent une sorte de Tai-Chi étrange, lent, mais sur une musique endiablée. Ils imitent les mouvements de deux gamines habillées en écolières japonaises. Ah, l'Asie... Toujours surprenante... Minuscule station balnéaire visiblement boudée des Européens, Cha-am est néanmoins un joli petit coin. Rien de luxueux, rien d'écrit en anglais ou presque, hôtel à 300 Baht avec vue sur la mer. Repas habituel (Kao-phad-kaï) dans une baraque au bord de la route. Des thaïs se trémoussent sur le karaoké qui crache de la pop locale... L'air est doux et agréable, moins chaud qu'à Bangkok, ce qui nous vaudra de belles promenades et de bons moments à regarder la mer, en nocturne. Ce que nous prenons tout d'abord pour un tas d'îles aura en fait disparu le lendemain, il devait s'agir de bateaux...

Le réveil au chant du coq est assez ... spécial  J'aurais presque été essayer mon Laguiole sur une de ces sales bêtes mal élevées ! NON MAIS !! Enfin, soyons zen... Un peu de shopping, une ballade en vélo le temps de trouver un ATM (distributeur de billets), et... devinez quoi ?


Hein ?
Allez, cherchez un peu...
Non, non, n'ayez pas l'esprit tordu...
Cherchez encore !
Ne TRICHEZ PAS 
...
Bon
Ben, en fait...
Euh... Comment dire...
Je ne savais pas nager...
Et maintenant je SAIS !!! Yes !!!

Eh oui, il existe des gens assez patients pour pouvoir faire flotter des boulets comme moi. Pour les rendre *zen* et légers. Après vingt ans de tentatives infructueuses, mesdames et messieurs, je NAGE ! 
J'en garderai un souvenir spécial. Regarder la Lune en faisant la planche dans une piscine en bord de mer, à 10.000 km du froid pays d'où je viens... Sans même avoir la trouille... Rhâââaaa... Je vais passer le reste de la soirée à me demander si effectivement c'est bien réel, ou si j'ai rêvé que je nageais. Ou si j'avais fait un rêve super long, dans lequel je prenais l'avion pour le Paradis. Ou même si j'étais carrément morte et déjà au Paradis !!!

dimanche 17 mars 2002

17 mars 2002

Heure locale : 10:20
Après la dure journée d'hier, suivie d'une douche divinement bienfaitrice pour mon corps surchauffé et fourbu, je pensais tomber assez vite dans les bras de Morphée. Il n'en fut rien. Certains se sont couchés très tôt, mais trois d'entre nous sommes restés devant la télé, à zapper devant MTV Asia, jusqu'à finalement opter pour le DVD de Titan AE. Légère sieste pendant le film... Tout le monde ira bien vite se coucher...

Direction le balcon pour discuter un peu, sous une unique étoile complice, les autres étant masquées par la pollution et la brume, ainsi que les hautes tours qui hérissent le ciel de Bangkok. L'air se rafraîchit un peu dès la tombée du jour, et le calme règne sur Sukhumvit, à peine troublé par la musique des insectes et des oiseaux exotiques. Un chien aboie. Le courant d'air est délicieux ; les cheveux dansent dans le vent. Le pigeon qui niche sur le balcon n'a pas peur de nous.


Courte nuit, qui pourtant avait bien commencé : j'avais décidé de m'écouter un album unplugged de Marillion, après avoir avancé dans ma lecture du Guide Galactique. Je me suis endormie dès la seconde chanson...

Réveil entre quatre et cinq heures du matin, je suis seule dans la chambre. Where is J ? Encore plus insomniaque que moi, visiblement. Ce qui ne nous empêchera pas de faire une "grasse matinée" (entendez par là : rester "tard" au lit à rien faire, mais être debout vers 7 heures du matin, frais et dispos !)
Marché du dimanche matin, d'où nous ramènerons pastèques, ananas, et des portions de poulet au HOT curry thaï. Et des piments, pour moi. Ouais. Très important, ça, le piment.

Que ferons nous de l'après-midi surchauffée qui s'annonce ? Suite au prochain épisode. 
(Tiens, en parlant d'épisodes, il y a Star Trek Voyager qui passe à la télé thaï, en VOST s'il vous plaît...)

{{Posté à 4:15:12}}

Excellente journée que celle d'hier. Si un trop plein de bonheur pouvait tuer les gens, je crois que je serais morte !

Heure locale : midi...
Chaleur supportable, un orage gronde au loin.


Bon, hier, nous nous sommes mis en tête d'acheter des timbres, et avons pris le taxi jusqu'au palais royal de Bangkok. J'avais vu sur la carte qu'il devait y avoir un bureau de poste non loin de là, juste derrière les bureaux d'information pour touristes qui se trouvent sur les trottoirs, face au Palais. Le taxi climatisé est un moyen de transport agréable et rapide, qui laisse le temps d'apprécier le paysage urbain quelque peu anarchique de la capitale Thaï.

Etant presque arrivés, nous nous sommes en fait rendus compte que c'était dimanche, et que les bureaux de poste risquaient fort d'être fermés... Peu importe, on fonce. La chaleur est écrasante, mais reste agréable pour mon corps de reptile...

Après avoir posé la question à un guichet d'information pour touristes, on nous répondra que la poste sera fermée ce dimanche. Ouais, normal, quoi... Et c'est exactement ce à quoi C. aura pensé juste après notre départ vers Sukhumvit pour prendre un taxi !


Peu importe, il y a tant de choses à visiter ! Direction le palais royal !

Et là, Asa la bouche grande ouverte, comme un poisson mort. C'est là le plus bel ensemble architectural qu'il m'ait été donné de voir... Tout y est somptueux, brillant, travaillé par les artistes les plus doués du royaume. Chaque centimètre carré a été travaillé, peint, sculpté, décoré, sur 218.000 mètres carrés... Des dimensions pharaoniques, certes, mais qui font passer les temples égyptiens pour des tas de cailloux sans intérêt. Tous les dix mètres, je ne peux m'empêcher de dire "whoooaaa c'est beau". Toits pointus, aires de prière aux bouddhas sereins, entourés de bâtons d'encens, et de colliers de fleurs au parfum ennivrant. J'ai grillé les deux cartes de 48 Mo de mon appareil numérique, tant il y a de choses à voir. C'est si beau et si riche qu'il faudrait y passer des jours pour tout apprécier... Les ors et les marbres sont éblouissants. Un groupe de français rouspète. Un Japonais dissipé profitera de ma concentration derrière l'appareil photo pour me mettre la main aux fesses... 

C'est somptueux, j'ai l'impression de rêver. Tous mes sens sont sollicités, j'en ai presque des vertiges de bonheur. Litanies des moines du temple, odeurs des arbres en fleur, une glace à la mangue, la douceur du soleil sur ma peau, et surtout ces paysages d'une beauté qui laisse sans voix...


Passé ce petit moment de rêve, nous avons marché un peu, espérant rentrer en taxi-boat. La "station" de taxi est un peu loin, nous cherchons sur la carte. Un Thaï d'une cinquantaine d'années nous aborde, amical, nous serre la main et engage la conversation. Il nous dit tout d'abord que les bateaux-taxis ne travaillent pas aujourd'hui, parce que l'eau est trop haute. Hum ? Pourquoi pas. Mais il se trouve qu'il y a plein de choses à voir aux alentours, et que justement on peut prendre l'autre type de taxi très présent à Bangkok, le tùk-tùk. Comme par hasard, il en connaît un. Qui accourt immédiatement. Mmmm... Il nous prend pour qui, lui ?  Je le regarde d'un oeil amusé, tandis qu'il prend la carte des mains de J pour y écrire quelques points dignes d'intérêt où le tùk-tùk pourrait nous conduire. Mauvais comédien, il fait semblant de nous négocier un prix d'ami auprès de son complice. Car trèèèès visiblement, ils se connaissent  Et plus nous lui expliquons que nous ne sommes pas intéressés, et plus il s'énerve. Il finira par nous dire "you are very stoopid"...

Donc, ayant fini par nous débarrasser de l'escroc qui comptait nous emmener dans des boutiques où nous achèterions des bêtises hors de prix sur lesquelles il ne manquerait pas de toucher une importante commission, nous avons marché jusqu'au taxi boat, aidés par un bon sens de l'orientation et des cartes approximatives...

Les boutiques me font penser à certains quartiers de Paris où tout le monde vend la même chose. Nous traversons le quartier des vendeurs de bouddhas, de toutes les tailles, en bois, en plastique, en métal doré, et une étrange rue où sont en vente des seaux de plastique jaune contenant des choses assez hétéroclites : boîtes de coton-tiges, savon, crayons de couleur, fleurs en tissu... Passé le quartier des menuisiers (qui ont de superbes voitures de luxe derrière des façades sales et abimées) nous arrivons en vue du taxi boat. Je n'oublierai pas de sitôt leur travail du bois, d'ailleurs, ayant aperçu une magnifique porte d'armoire sculptée d'un dragon... Des plantes (exotiques, bien sûr) en pots ornent les trottoirs, le genre de plantes que vous vous tuez à faire pousser sous nos climats, en vain.

Le taxi boat est une longue et large pirogue motorisée, munie d'un toit de toile sur arceaux métalliques et de bancs en bois sur toute sa largeur. J indique notre adresse au guichet, en thaï, s'il vous plaît. Un sourire éclaire le visage du monsieur, et nous sautons dans le bateau. Rien à voir avec les bateaux des touristes... Pas de passerelle pour y accéder. Un quai, une coque. Il faut faire un peu de gymnastique pour se hisser à bord, notament en enjambant les toiles plastiques qui sont élevées entre le toit et la coque pour protéger les passagers des projections d'eau. Pas d'allée centrale pour atteindre les bancs, et en Thaïlande on doit faire très attention à ce que l'on fait avec ses pieds. Hors de question, donc, d'enjamber qui que ce soit...
Aussitôt assis et serrés comme des sardines, le bateau démarre à grand bruit de diesel. Fumée noire, puante, étouffante. Chaleur du moteur en plus de la chaleur ambiante. Pouark ! Cela dit, c'est très agréable, c'est une autre manière de découvrir la ville et ses 3600 habitants par km². Le bateau n'est pas très rapide ni confortable, mais c'est bien le cadet de nos soucis... Nous sommes à 10.000 km de Paris, heureux, un peu dans la Lune, même. Le paysage défile, maisons en bois sur pilotis, chiens crasseux, hommes faisant la sieste dans des hamacs. Du linge coloré sèche aux fenêtres, des arbres poussent entre les cabanes de tôle. Quantités de détritus, dans l'eau comme en dehors, aussi. Alors que je suis en train de me dire que même la Seine me paraît propre, en comparaison, je vois deux gamins barboter dans l'eau vert pâle... Etrange aussi, le toit du bateau qui s'abaisse par un ingénieux mécanisme avant de passer sous un pont particulièrement bas...


Une fille vêtue avec élégance nous demande où nous comptons nous rendre.

Le bateau rendra l'âme peu après, pour avoir heurté un banc de sable (?) et/ou cassé son moteur. Euh, ça secoue... La fille nous explique que nous devons descendre à la prochaine station et qu'un autre bateau viendra nous prendre. Bateau qui mettra plusieurs minutes à arriver, ce qui me laissera le temps de cogiter sur ces péripéties... Les Thaïs sont très calmes, ils attendent leur bateau, sans s'énerver le moins du monde. Nous resterons debout dans ce second bateau... J s'en veut de ne pas avoir retenu le nom de l'endroit où il nous fallait descendre, je lui dis que ce n'est pas grave, qu'on finira bien par arriver quelque part. Peu importe, hein, nous sommes en vacances au Paradis, ce n'est pas possible de finir en enfer !
Très serviable, la fille expliquera au gars qui perçoit le prix du voyage, où nous comptons aller. 11 Baht seulement pour le prix du trip ! (100 Baht = environ 3 Euros). Le gars en question me fait signe de le suivre, alors que le bateau est encore en pleine vitesse. Mais ? Bon, OK... Bah, j'attrape une corde, j'enjambe le bastingage et hop. Très, très bizarre. J'ai parfois l'impression d'être Lara Croft, au secours ! Le bateau ne fera que ralentir en passant devant le quai, nous avons sauté en marche, non sans avoir remercié notre bienfaitrice.

Un taxi climatisé parcourra le reste du chemin pour 43 Baht à peine. Expérience hautement enrichissante. Sortez des sentiers battus, vivez comme les Thaïs, au lieu de vous morfondre en voyage (trop) organisé ! Partez à l'aventure !

{{Posté à 7:29:58}}

Cet après-midi, plage, ce soir, dormir à la plage, demain, qui vivra verra.

samedi 16 mars 2002

16 mars 2002

Bientôt 18:00 heure locale.

Cet après-midi, repas thaï sur les trottoirs de Sukhumvit. La nourriture que les thaïs mangent au quotidien est *très* épicée... Peu friande de nouilles ou de potage, je vais me contenter de riz blanc. Puis grande promenade en ville, par tous les moyens de transports possibles ! A pieds jusqu'au somptueux métro aérien, tout neuf, climatisé, et silencieux. Attention cependant à ne pas croiser ses jambes pendant le trajet (ou n'importe où en Thaïlande, d'ailleurs...) car c'est considéré comme très impoli. Au point que, si vous essayez, vous risquez d'entendre des remarques... Ne pas non plus utiliser ses pieds pour désigner quelque chose ou quelqu'un, bloquer une porte, ramasser un objet ou en pousser un...


Changement de ligne de métro, pour prendre le taxi boat jusqu'au centre ville. Visite avortée du temple de Wat Po, car certains étaient en tongs et/ou short, ce qui est indécent pour visiter un temple thaï. (Prochainement : une photo de moi avec un python en guise d'écharpe, arf...) Passage rapide devant le palais royal, où là aussi une tenue correcte est exigée. La visite sera donc pour un autre jour.


Puis, direction Kao San Road, avec une longue promenade parmi les boutiques étroites et colorées. Je succombe à la tentation de m'acheter quelques fringues, en marchandant selon les méthodes éprouvées en Egypte il y a quatre ans. Les prix sont raisonnables, et les vendeurs de très bons comédiens !
Le retour en taxi sera des plus agréables (eh oui, parfois la climatisation a du bon...) et pour 100 Baht à peine !

vendredi 15 mars 2002

15 mars 2002

9:35 du matin, heure locale.

Hier soir, nous avons mangé au coin de la rue, dans un petit "resto" de bois et de tôle, parmi les détritus et les chiens errants. La cuisine est préparée avec soin, devant le client, et à des prix défiant toute concurrence (bien moins d'un euro, environ cinq francs, par personne). Au menu : un unique plat de riz et de poulet (?) avec quelques légumes. Et des piments verts et rouges coupés en rondelles que je n'ai pas pu m'empêcher de rajouter ! Et un coca avec des glaçons. Mon estomac, ravi, n'a pas encore manifesté un éventuel mécontentement, je vais donc m'en donner à coeur joie avec les épices :)

La nuit a été particulièrement longue... J'ai eu le temps d'aller voir Bangkok by Night sur la terrasse de la chambre, d'apprécier le vacarme des insectes dès que le soleil se couche, d'écouter plusieurs MiniDiscs de Marillion, et de me tourner et retourner encore et encore dans le lit. Il faisait extrêmement chaud, mais ce n'est pas la cause de mon insomnie. Je pense plutôt que je n'aurais pas du faire la sieste...  Et puis, je n'étais pas la seule à ne pas pouvoir dormir... 



Je suis complètement explosée, ce matin. Le décalage horaire est oublié. La France me semble à des années-lumière. Très loin à la fois dans le temps et dans l'espace... Esoterika.org et down, et ça ne me tracasse pas plus que ça, alors que ça m'aurait causé de belles crises d'angoisse il n'y a pas si longtemps. C'est un peu comme si ce n'étaient pas mes affaires... Je laisse les choses se faire, ne pouvant pas agir depuis ici. Et puis, même si j'avais envie de m'occuper de tout ça, je n'aurais pas la patience de le faire avec des pages qui s'affichent à 300 octets/seconde... Eh oui, je suis connectée avec un modem 33.6 et les fournisseurs d'accès thaïlandais sont un peu... lents.  Vive les vacances !
Je me sens divinement bien.

jeudi 14 mars 2002

14 mars 2002

Heuuuu... Il est bientôt 19 heures, heure de Bangkok, et j'ai enfin cessé de sentir les effets du décalage horaire.

Dure journée que celle d'hier/aujourd'hui ! Lever (difficile, huhu) à 7 heures après une bonne nuit de sommeil, à Paris, puis métro ligne 4 et RER jusqu'à Roissy-Charles de Gaulle. J'ai froid, les yeux plein de sommeil, et je me demande encore ce qu'il m'arrive. Mon père, à qui je vais quand même passer un coup de fil, me dira ensuite au téléphone que nous venons d'échapper à une grève du métro...

Security check : une nana habillée de mauve nous demande, avec un joli sourire, si nous avons dans nos bagages des armes, des explosifs, ou autres matières interdites. Passée l'envie de rire, nous répondrons poliment que non, et elle nous collera le petit autocollant "security check" sans aucune autre vérification. Errance dans les couloirs de Roissy pour tuer le temps... Nous allons attendre un bon moment devant une porte, en vain. Hum. C'est une porte qui mène au dehors et non aux avions ! Dans la Lune, nous sommes déjà (encore ?) dans la Lune ! Embarquement satellite numéro quatre, 11h30. Il faut emprunter un looong couloir et un loooong tapis roulant, passer dans des tubes de verre et de métal. Kirk to Enterprise, beam me up, Scotty ! On se croirait réellement dans le futur... Arrivée en salle d'embarquement. Comme d'habitude, je fais sonner les portiques d'alarme, même dépossédée de mes objets métalliques. J'ai même failli oublier mon téléphone portable sur la machine à rayons X... Ah, quand on est dans la Lune... Impatience. J'écoute un peu les conversations. Ces français sont agaçants, toujours en train de se plaindre...


Enfin, on nous appelle. Je ne suis jamais montée dans un si gros avion. L'avion était d'ailleurs somptueux : un Boeing 747 entièrement décoré aux couleurs de Thai Airlines ! Mauve, lilas, parme, violet... Hôtesses en habit thai, aux cheveux brillants et aux gestes délicats, toujours souriantes... Il y a un rétroprojecteur dans cet avion, et une petite télé pour les rangées latérales. Rangées qui comportent quand même dix sièges, c'est impresionnant pour la petite provinciale que je suis ! Un film un peu kitsch montre de très jolies hôtesses en train de faire la démonstration des masques à oxygène. Calme feutré. L'avion se déplace lentement, très lentement, dans d'interminables manoeuvres pour atteindre enfin la piste. Hey c'est vraiment grand, Roissy ! Décollage tout en douceur. Un grand sourire béat commence à apparaître sur mon visage. Je suis aux anges, mais je ne réalise pas encore ce qu'il m'arrive...

La grisaille de Paris laisse peu à peu place à la vision paradisiaque de la couche de nuages sous l'avion, sous un ciel si pur qu'il prend la couleur d'un lapis-lazuli. Eblouissant. J'en oublie complètement mes lectures et mes MiniDiscs de Marillion... Boissons à volonté, repas princiers. Je suis vraiment au Paradis. J'ai l'impression de vivre un rêve éveillé...


Survol de montagnes, déserts, rivières, longues routes illuminées. Les villes ressemblent à d'étranges galaxies flottant sous l'avion. La Voie Lactée est plus belle que jamais, vue à 41.000 pieds d'altitude... Je passerais des journées entières à regarder le paysage et à me demander quels sont les pays que l'on survolera... L'écran géant alterne films et aperçus d'une carte du monde sur laquelle est dessiné notre trajet. Dommage que l'hôtesse ait décidé qu'il faille dormir si tôt, juste après le survol d'un immense fleuve majestueux. Le commandant de bord a pourtant dit son nom, mais je n'ai pas saisi un traitre mot de son discours...

Survol de Bangkok, enfin ! La ville a l'air immense et plate. Il fait nuit noire. Arrivée vers 5h30 du matin, heure locale, après environ une douzaine d'heures de vol. J'ai du mal à cacher ma joie en sortant de l'avion, tant l'air est chaud et humide. Le climat rêvé pour moi  Après quelques paperasses (raaah ces Français qui ne sont bons que pour rouméguer !!!) et la récupération de nos bagages bien après tout le monde, direction le taxi. Une limousine Benz climatisée nous déposera en fait à 200m du lieu souhaité. Les Thais sont très serviables, mais difficiles à comprendre quand ils parlent anglais... Premières impression sur la ville : constructions anarchiques, chaleur, circulation assez dense, beaucoup de chiens errants. Bangkok est tentaculaire, on n'en voit pas les limites...

Il fait vraiment très chaud, mais je me sens comme un poisson dans l'eau !
Douche, sieste bien méritée. Appartement immense, sérénité, bonheur intense se traduisant par un grand sourire niais sur mon visage  :)

Le soleil se sera couché deux fois pour moi, "aujourd'hui". Je suis éreintée, mais tellement contente !